Le diabète sucré gestationnel chez la chienne est une affection rare à la différence de la femme, chez qui cette endocrinopathie concerne 2 à 12% des grossesses ; dans la littérature vétérinaire, moins de 20 cas sont décrits.
En médecine humaine, plusieurs hormones telles que la progestérone, le cortisol et l'hormone lactogène placentaire ont été proposés comme étant à l'origine de l'insulino-résistance maternelle mais leur rôle exact et leur intéractions ne sont pas encore bien connus.
Chez la chienne, l'homéostasie du glucose peut être en plus affectée par la sécrétion d'hormone de croissance (GH pour Growth Hormone) par le tissu mammaire, induite par la progestérone : la GH est considérée ainsi comme diabétogène à cause de son activité anti-insulinique. C'est ce mécanisme qui est à l'origine du diabète post-oestral et qui implique que pour réguler un diabète sucré chez la chienne, la stérilisation et indispensable.
Des auteurs ont proposé que le diabète gestationnel soit similaire au diabète post-oestral : en effet, les concentrations en androgènes, oestrogènes et progestagènes sont similaires chez une chienne non gestante pendant les 2-3 mois du dioestrus et chez une chienne gestante. Néanmoins, il est rapporté que l'insulino-résistance est plus sévère chez les chiennes gestantes que les chiennes non gestantes 55 jours après l'oestrus.
Le diabète gestationnel semble affecter les chiennes adultes d'âge moyen, à la 1° gestation ou aux suivantes, indifféremment. Les signes cliniques commencent en général lors de la 2° moitié de gestation. .
Les signes cliniques sont ceux classiquement rencontré du diabète sucré (polyuro-polydipsie, polyphagie, perte de poids,...). Chez la femme, le diabète gestationnel est le plus souvent asymptomatique.
L'insulinothérapie chez la chienne gestante diabétique est un challenge : les besoins en insuline peuvent être importants (valeurs jusqu'à 1.5 UI/kg/injection), et les variations journalières de glycémie très larges.
Le diabète sucré peut être également pris en charge en interrompant la gestation (chirurgicalement ou médicalement).
Le diabète peut disparaître quelques jours à quelques semaines après la mise bas. Il peut néanmoins perdurer.
Il semblerait que les chiennes chez lesquelles une interruption de la gestation est réalisée, le diabète sucré soit le plus souvent transitoire. A l'inverse, les chiennes menant leur gestation jusqu'à la mise bas, et dont le diabète sucré a été géré par insulinothérapie, sont plus sujettes à rester diabétique. Dans ce dernier cas, il est suggérer que l'hyperglycémie chronique pendant la gestation a provoqué des lésions irréversibles des cellules β du pancréas par glucotoxicité
En humaine, le diabète sucré gestationnel peut être à l'origine de macrosomie, de dystocie ou d'hypoglycémie néonatale.
Chez la chienne, les dystocies sont fréquemment observées et la mortalité néo-natale est augmentée.
A lire
1 Fall T. et coll. Gestational Diabetes Mellitus in 13 Dogs, J Vet Intern Med 2008;22:1296-1300.
2 Selman PJ. et coll. Progestin-Induced Growth Hormone Excess in the Dog Originates in the Mammary Gland, Endocrinology 1994;134:287-292.
3 Linde-Forsberg C. Abnormalities in Pregancy, Parturiton and the Periparturient Period. In: Textbook of Veterinary Internal Medicine 2005, pp 1655-1667.
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