L’herpès virus canin est un virus enveloppé, pouvant être transmis par voies transplacentaire, vénérienne (sperme, sécrétions vaginales) et oro-nasale.
Il s’agit donc d’une maladie sexuellement transmissible.
Les produits d’avortements (fœtus, enveloppes fœtales) peuvent être également des contaminants.

Après contamination, le virus se réplique d’abord dans les muqueuses, pénètre dans les macrophages et se dissémine dans tout l’organisme (ganglions, rate, rein, poumons, foie, SNC,…).
Chez le jeune, la faible température et l’incapacité à mettre en place un syndrome fébrile facilitent la réplication virale. Chez l’adulte, le système immunitaire contient l’infection, et cette dernière se confine aux muqueuses respiratoires et génitales : le virus s’intègre à l’ADN cellulaire et rentre en latence. Il se réactive lors de période de stress (œstrus, mise bas, infection concomitante, immunodépression, iatrogène ou pathologique, etc.).

Diagnostic

Épidémiologique 

Coexistence de mortalité chez des chiots de moins de 3 semaines, troubles de la reproduction (infertilité, avortements surtout tardif) et symptômes respiratoires.
Cause en réalité très rare d’avortement ou de mortalité néonatale. Moins de 5% des causes dans les études récentes à gros échantillons réalisés en France ; très rare dans notre expérience pratique au CRECS (malgré une recherche quasi-systématique)

Clinique

  • Chez le chiot (<3 semaines)
    • A l’âge de 4-5 jours : plaintes, hypothermie, diarrhée, pétéchies au niveau des muqueuses. Incoordination des mouvements, tremblements, raideurs, pédalage, opisthotonos (encéphalomyélite). Décès en 2-5 jours.
    • Séquelles neurologiques graves pour les survivants.
    • diagnostic parfois à l’autopsie : lésions macroscopiques parfois pathognomoniques sur “cadavre” récent (<24 h, conservé au frigo)

 Mérial©, reins avec pétéchies caractéristiques mais à confirmer par PCR

  • Chez l’adulte :
    mortalité embryonnaire (infertilité), avortement, mortinatalité.
    Localement, hyperhémie vaginale ou prépuciale, follicules lymphoïdes sur la muqueuse vaginale hyperplasiée, parfois hémorragies sous mucosale.
    Parfois signes respiratoires (rhinite, pharyngite, conjonctivite) dans le contexte d’une toux de collectivité (toux de chenil) 

Isolement viral: mise en culture cellulaire ou PCR

  • Écouvillonnage vaginal (fin des chaleurs), biopsie vaginale, sperme, avortons (organes, voir technique médicale : autopsie), placenta
  • Négatif en phase non excrétrice. 
  • Doit être positif sur avortons, placentas ou lochies de la mère en phase d’avortement et mortalité néonatale

Sérologie herpévirose

  • Pas de séropositif avant 6 mois d’âge (donc sans intérêt en médecine pédiatrique.
  • Titre souvent plus bas en métœstrus (diestrus).
  • Répéter prélèvements si négatif (temps de seroconversion). Reste en général élevé pendant plusieurs mois par la suite : moment idéal pendant les chaleurs ou quelques semaines après une saillie suspecte
  • Remarque : un titre élevé signifie que la chienne est porteuse d’herpesvirus (fréquent en collectivité, au moins 60% en France d’après étude de 2000) mais n’implique pas que l’avortement ou la mortalité néo-natale soit d’origine herpétique.

Traitements

  • Réchauffement des chiots (couveuse ou lampe infra-rouge) pour maintenir leur température au dessus de 37-38°C afin de limiter la multiplication virale (maximale à 35-36°C). Surveiller l’hygrométrie.
    Cette technique est actuellement considérée comme inefficace par des virologistes spécialistes de l’herepesvirus.
  • Sérothérapie intrapéritonéale (1-2ml/chiot) avec sérum de mère vacciné (aucune démonstration d’efficacité)
  • Soins intensifs

Prévention

Sanitaire

  • Désinfection des locaux
  • Isoler les femelles avant et après la mise bas
  • Préférer l’insémination artificielle aux saillies naturelles, sans contact direct du mâle 
  • Contrôler les nouveaux entrants (sérologie, PCR) âgés de plus de six mois

Médicale

Vaccination de la mère (Eurican Herpes® 205, Mérial©) :

  • 1ère injection au moment des chaleurs ou dans la semaine suivant la fin.
  • 2ème injection à faire 2 semaines à 10 jours avant la date présumée du terme.
  • A renouveler à chaque gestation à cause d’une mémoire immunitaire de courte durée – absence d’Ac mémoires significatifs
Attention

La vaccination est d’une grande innocuité chez la chienne, elle peut donc être réalisée sans risque. Néanmoins, en regard de la réelle prévalence de la maladie (en contraste avec la très forte prévalence de portage en élevage), et du coût élevé du vaccin, une vaccination systématique ne parait pas justifiée. 
Privilégiez une vaccination à des cas particuliers : historique de la maladie herpétique, portée à haute valeur (cynologique, économique, sentimentale), propriétaire très anxieux en demande.
En pratique, pensez à explorer les autres causes d’infertilité, d’avortements ou de mortalité néonatale ! Ne concluez pas à un herpes trop rapidement – souvent bouc-émissaire facile !

Pronostic

Mauvais chez les chiots de moins de 3 semaines issus de mère non vaccinée.
Inoffensif chez un adulte non reproducteur

Extrait du livre de pédiatrie

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