Article actualisé le 5 octobre 2026. Cette synthèse est destinée aux propriétaires et aux éleveurs. Les protocoles diagnostiques et thérapeutiques détaillés sont réservés aux vétérinaires.

L’herpèsvirose canine (Canid herpesvirus 1, CHV-1) est une infection répandue chez le chien. Elle est généralement discrète chez l’adulte, mais peut provoquer une maladie grave chez les chiots nouveau-nés. Elle peut aussi être associée à des troubles de la reproduction. Toutefois, une sérologie positive chez la mère ne suffit jamais à attribuer un avortement ou une mortalité de portée au virus.

À retenir : si plusieurs chiots deviennent faibles, refusent de téter, se refroidissent ou meurent à quelques jours d’intervalle, contactez rapidement un vétérinaire. Conservez les courbes de poids et demandez immédiatement comment faire examiner un chiot décédé. Un prélèvement bien choisi et correctement conservé est souvent plus utile qu’une série de traitements empiriques.

Comment le virus se transmet-il ?

Le CHV-1 se transmet principalement par contact rapproché avec des sécrétions oro-nasales ou génitales. Une contamination peut survenir pendant la gestation, lors de la mise bas ou après la naissance. La saillie peut participer à la transmission, mais l’herpèsvirose canine ne doit pas être réduite à une infection sexuellement transmissible.

Après l’infection, le virus peut persister à l’état latent. Des périodes de stress ou d’immunodépression peuvent favoriser une réactivation et une excrétion intermittente, parfois sans signe clinique.

Quels signes doivent alerter ?

Chez le chiot nouveau-né

Les signes sont peu spécifiques : baisse ou perte de la succion, faible prise de poids, plaintes, abattement, hypothermie, troubles digestifs ou respiratoires, douleur abdominale et parfois signes neurologiques. L’évolution peut être rapide. Une portée atteinte nécessite donc une prise en charge urgente et une recherche de cause, car d’autres infections, une hypothermie, une hypoglycémie, une malformation ou un défaut d’apport lacté peuvent produire un tableau proche.

Lésions rénales compatibles avec une infection herpétique chez un chiot

Lésions rénales évocatrices mais non suffisantes pour conclure. Crédit iconographique : Mérial. La confirmation repose sur les analyses appropriées.

Chez la chienne reproductrice

Le virus peut être associé à une résorption embryonnaire, un avortement, une mortinatalité ou la naissance de chiots faibles. Chez l’adulte, des signes respiratoires, oculaires ou génitaux peuvent également être observés, mais de nombreux chiens infectés ne présentent aucun symptôme.

Comment établir le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur la concordance entre l’histoire de la portée, les lésions éventuelles et la mise en évidence du virus dans des prélèvements pertinents. Lors de mortalité néonatale, l’autopsie d’un chiot récemment décédé, associée à des prélèvements tissulaires pour PCR et histologie, peut être déterminante. Le vétérinaire ou le laboratoire doit préciser les modalités de conservation et d’acheminement avant l’envoi.

Selon la situation, des prélèvements peuvent aussi concerner le placenta, les tissus fœtaux ou certaines sécrétions. Une PCR négative sur un écouvillon isolé n’exclut pas formellement l’infection, car l’excrétion peut être intermittente et la qualité du prélèvement est essentielle.

Que signifie une sérologie positive ?

La sérologie montre un contact immunologique avec le virus ; elle ne prouve ni une excrétion en cours, ni la responsabilité du CHV-1 dans l’échec de reproduction observé. Son interprétation dépend du contexte, du moment du prélèvement et d’une éventuelle vaccination. Elle ne doit pas être utilisée seule pour désigner l’herpèsvirus comme cause d’une mortalité de portée.

Que faire en cas de suspicion ?

  • faire examiner rapidement les chiots malades et la mère ;
  • apporter les courbes de poids, le déroulement de la mise bas et la liste des traitements ou compléments déjà administrés ;
  • isoler la portée des autres chiens selon les consignes vétérinaires et renforcer l’hygiène du matériel ;
  • ne pas forcer l’alimentation d’un chiot qui ne déglutit pas correctement ;
  • ne pas multiplier les antibiotiques, antiviraux ou sérums sans diagnostic et sans prescription.

Chez un chiot malade, le traitement est avant tout symptomatique et nécessite souvent des soins intensifs. Les tentatives historiques de sérothérapie ou de simple réchauffement comme traitement antiviral n’ont pas apporté de preuve clinique suffisante. Le maintien d’une température adaptée reste néanmoins indispensable dans les soins généraux du nouveau-né.

Préparer et protéger une portée

La prévention associe l’organisation sanitaire de la maternité, la limitation des contacts à risque autour de la mise bas, la surveillance quotidienne des nouveau-nés et, lorsque cela est indiqué, la vaccination de la chienne gestante. Un vaccin inactivé contre le CHV-1 est autorisé en Europe. Son calendrier doit suivre le résumé des caractéristiques du produit en vigueur et être planifié avec le vétérinaire à chaque gestation.

La vaccination vise à favoriser la transmission d’anticorps maternels aux chiots. Elle ne remplace ni l’hygiène de la maternité, ni l’analyse d’une mortalité antérieure, ni la recherche des autres causes d’infertilité, d’avortement ou de dépérissement néonatal.

Pourquoi solliciter un spécialiste ?

Lors d’échecs de reproduction ou de mortalité néonatale, des examens précis, ciblés et correctement interprétés permettent souvent d’avancer plus vite. Un avis spécialisé précoce peut éviter de répéter des tentatives, des analyses peu contributives et des traitements empiriques, avec des conséquences financières parfois importantes.

Le Dr Xavier Lévy, spécialiste européen en reproduction animale (ECAR-EBVS), reçoit au CRECS près de Toulouse et au service de reproduction de Bordeaux Sud. Un accompagnement à distance peut être envisagé en français ou en anglais, en coordination avec le vétérinaire traitant et selon le cadre applicable.

Sources principales

Pour aller plus loin

Guide pratique de pédiatrie canine et féline

Auteur : Dr Xavier Lévy
Publication initiale : 2 septembre 2018
Dernière mise à jour scientifique : 5 octobre 2026

Le Dr Xavier Lévy met gracieusement à disposition ses connaissances et son expérience pour contribuer au bien-être animal et à la qualité des soins. Cette synthèse ne peut détailler toutes les nuances d’une situation clinique et ne remplace pas un examen ni l’avis personnalisé d’un spécialiste.

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