Siska, chienne Berger Belge de 5 ans est présentée à la consultation pour infertilité.
La chienne a mis bas 7 chiots vivants à 2 ans, puis depuis 3 saillies non fécondantes avec 2 mâles différents.
La chienne présente des chaleurs tous les 4,5 mois d’une durée d’environ un mois.
La chienne n’a jamais eu de suivi de chaleur.
Siska est en chaleur depuis six jours.

Examen clinique

La chienne présente un bon état général et aucune anomalie n’est notée.

La chienne présente une vulve œdématiée et de discrètes pertes de sang à la vulve.

Hypothèses diagnostiques

Les causes d’infertilité sont nombreuses. La chienne présente un cycle court mais régulier.

La principale cause d’infertilité étant une mauvaise détermination du moment de la saillie et la chienne étant en chaleur un suivi est proposé afin d’évaluer le bon fonctionnement de son cycle ovarien.

Examens complémentaires

Le suivi de chaleur associe des frottis vaginaux réguliers et le dosage de la progestérone plasmatique.

La chienne étant infertile, un suivi plus précis est préconisé à l’aide d’une échographie ovarienne.

 

D’après ces résultats, la chienne devrait avoir ovulé le vingtième jour. La progestérone semble augmentée dans les limites de la normale.

Échographie ovarienne

L’échographie ovarienne montre une structure cavitaire de grande taille (> 1 cm) persistante dans l’ovaire. Il s’agie donc d’un kyste ovarien.

La cavité anéchogène à  J 18 devient hypoéchogène à J22, ceci est compatible avec une lutéinisation partielle d’un kyste folliculaire.

 

Hypothèse

Présence d’un kyste ovarien sécrétant en œstrogène (et ± en progestérone) incompatible avec une fertilité. Cependant, le kyste peut ne pas être sécrétant et ne pas perturber la fertilité de la chienne.

Le frottis vaginal ne permet pas d’aider au diagnostic à ce stade : la chienne est en chaleur et si le kyste présente une imprégnation mixte, le frottis peut prendre l’aspect d’un métœstrus normal après J 27.

Il existe deux solutions :

  • Ponctionner le kyste afin d’essayer de le traiter (efficace dans 50 à 70% des cas) et de doser les hormones dans le liquide
  • Doser les œstrogènes dans le plasma récolté pendant le suivi et évaluer l’évolution:

Les œstrogènes devraient diminuer quand la chienne se situe autour de la période d’ovulation. On observe, ici, que les œstrogènes se maintiennent à un taux très élevé (largement supérieur à valeur basale de 20 pmol/l).

Conclusion

Présence d’un kyste ovarien sécrétant en &œlig;strogène à l’origine de l’infertilité. Attention, nous n’avons pas expliqué la cause du kyste (souvent idiopathique).

Traitement

La propriétaire souhaitant conserver la capacité de reproduction de la chienne et afin d’optimiser sa fertilité, une décision de kystectomie est prise à J 28. En effet, le choix se fait entre retirer l’ovaire ou retirer le kyste. L’ovaire kystique présentant des corps jaunes dans son cortex, le kyste uniquement est retiré afin d’optimiser la prolificité.

Remarque : les traitements hormonaux sont très souvent décevants chez la chienne : absence de guérison du kyste, complications utérines (HGP et pyomètre).

Suivi

La chienne n’est pas gestante au cours de ses chaleurs mais elle devient gestante avec 8 chiots aux prochaines chaleurs (6 mois après). Aucun kyste n’a récidivé au cours des chaleurs ultérieures.

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