La réanimation du nouveau-né doit être méthodique et séquentielle afin de ressusciter le nourrisson sans à l’inverse précipiter son dépérissement.
Il est important de respecter l’ordre chronologique des actes : 
1. Oxygéner : dégager voies respiratoires puis ventiler
2. Stimuler la respiration naturelle
3. Maintenir la température du corps
4. Couper, ligaturer et désinfecter le cordon ombilical
5. Alimenter et réhydrater

Le nouveau-né, chiot ou chaton, est un animal très immature :

  • Il est incapable de maintenir sa température et sa glycémie.
  • Il est sujet à la déshydratation (surface corporelle importante/volume, peau perméable)
  • peut présenter à la naissance un encombrement des voies aériennes entrainant une hypoxie mortelle en quelques minutes.

Assurer une oxygénation du nourrisson

Dégager les voies respiratoires

Placer l’animal en décubitus ventral dans le creux de votre main. Positionner la tête en semi-extension, inclinée vers le bas.

Aspirer doucement (faible dépression < 10 mmHg) les mucosités pharyngées et nasales à l’aide d’un mouche bébé, poire aspirative ou sonde d’aspiration de faible diamètre. 

En cas de fausse déglutition du liquide amniotique, il est possible d’utiliser un aspirateur sur sonde à faible dépression pour cathétériser la trachée jusqu’aux bronches souches.

En cas de fausse déglutition du liquide amniotique, il est possible d’utiliser un aspirateur sur sonde à faible dépression pour cathétériser la trachée jusqu’aux bronches souches.

Oxygéner

En l’absence de respiration spontanée ou/et de muqueuses cyanosées. Placer l’animal à l’aide d’un masque pédiatrique sous oxygène. Il est aussi possible de ballonner à l’aide d’un « ambubag » : une pression toutes les 8 à 10 secondes.  

Chiot cyanosé à gauche de la photo
Appuyer uniquement entre pouce et annulaire (homme) et majeur (femme)

Stimuler la respiration

Uniquement si les voies aériennes sont dégagées ainsi que l’oxygénation assurée.
Une friction vigoureuse des flancs active des mécanorécepteurs stimulant la respiration naturelle du nourrisson.  

Un point d’acupuncture décrit chez tous les mammifères peut être utilisé en cas de dépérissement après quelques minutes (sans cause anesthésique) : point GV 26 (philtrum)

L’utilisation d’analeptique cardio-respiratoire (Dopram®, etc.) en sub-lingual ou injectable est cité mais à réservé uniquement aux animaux mis sous oxygène.
En effet, le stimulant va augmenter le fonctionnement du muscle cardiaque (consommation importante en oxygène). En l’absence de respiration par obstruction des voies aériennes et non ventilation spontanée, une hypoxie va s’aggraver rapidement (myocardite). En pratique, quand un nouveau-né survit à son utilisation, c’est qu’elle n’était pas utile et quelques minutes de patience (et d’oxygénation) aurait permis le même résultat ! 

GV 26 : piquer et tourner l'aiguille d'acupuncture au milieu (pointe émoussée )

Maintenir la température corporelle sans déshydrater

  • Sécher l’animal en le frictionnant à l’aide de linges propres et non abrasifs. 
  • Placer le nourrisson dans une ambiance réchauffée (28 à 32 °C) après quelques minutes. Les cages de soins intensifs PA Vetario Modèle T50M© sont particulièrement adaptées, mais une cage équipée d’une lampe infra-rouge ou des bouillottes sont des alternatives efficaces. 
  • Maintenir une humidité suffisante entre 60 et 70% : couveuse, éponge imbibée d’eau, etc. Montez à 85% en cas de prématurés de plus de 48 heures.

RQ : il n’est pas nécessaire de mettre au chaud pendant les 2 premières minutes (temps de réanimation). Le froid (20-25°C) stimule la respiration.

Caisson oxygéné (par concentrateur), régulé en température, contrôle de l'hygrométrie. Le CRECS possède 4 couveuses permettant d'assurer les soins intensifs en néonatalogie et pédiatrie

Couper – ligaturer et désinfecter le cordon ombilical

La section du cordon n’est pas le premier geste à réaliser mais il sera nécessaire de veiller à ne pas favoriser une hernie en laissant pendre le placenta pendant les premières phases de réanimation.
En condition non aseptique, ligaturer le cordon à environ 2 – 3 cm de l’ombilic à l’aide d’un fil. Couper le cordon aux ciseaux au-delà de la ligature.
14% des chiennes grignotent le cordon quand il est trop long.
Tamponner à l’aide d’une solution chlorée (réduit risque infectieux de 27 à 56%) ou teinture d’iode (réduit mieux le risque de St. Aureus, très présent chez les chiens).

Vidéo d’illustration – Cliquez

Alimenter

Un apport en énergie et en liquide est indispensable dans les 2 premières heures pour lutter contre l’hypoglycémie et la déshydratation.
La prise colostrale est idéale mais en phase de dépérissement avec conservation du réflexe de succion un apport lacté de 2% du poids vif  (ou 20 ml/j pour 100 g) est possible et/ou l’application de miel sur la muqueuse gingivale. L’utilisation du biberon ou d’une sonde (urinaire ou naso-gatrique) sont possibles.

Vidéo de sondage – Cliquez

Réhydrater

En cas de déshydratation (DU > 1.017), un bolus, par voie veineuse (céphalique, jugulaire) ou osseuse (crête tibiale, fosse trochantérienne) à 45 ml/kg de soluté isotonique glucosé est injecté. Puis le débit de perfusion est maintenu entre 80 et 150 ml/kg/j. 
L’utilisation d’un pousse-seringue est idéal en pédiatrie vétérinaire.

Pose d'un cathéter jugulaire. Fixation par points simples

Trousse de réanimation à avoir dans sa maternité :

  • Mouche bébé ou Poire aspirative
  • Masque d’oxygénation pour NAC
  • Ambubag ou Source d’oxygène
  • Cage chauffée et humidifiée : vétario®, lampe IR, bouillotte
  • Thermomètre et Hygromètre d’ambiance
  • Thermomètre rectal
  • Balance pédiatrique
  • Ciseaux et fil (suture, couture)
  • Solution antiseptique
  • Cathéter pédiatrique
  • Lait artificiel pour carnivores domestiques